Développement économique



maj 16-Oct-2008

La parole aux entreprises

Des chefs d'entreprise témoignent
sur les actions mises en oeuvre
par la DRIRE du CENTRE

 

 

 

 

 

 

Plusieurs chefs d'entreprise témoignent sur leur participation à deux actions collectives mises en oeuvre par la DRIRE du Centre.

le automobile régional : porteur Chambre régionale de Commerce et d'Industrie du Centre

Production au plus juste : porteur AFNOR

 

 

 

 

 

Pôle automobile régional

Régis Duplessy : " le pôle a permis d’accélérer les étapes "

Installé à Châteauroux avec plus de 500 salariés Eurostyle Group est un équipementier spécialisé dans l’habillage intérieur des véhicules. Le directeur technique du groupe précise l’engagement de l’entreprise au sein du pôle.

Drire : Que recherchiez-vous en particulier  au sein de ce pôle automobile ?
R.D. D’abord un projet commercial et un soutien à nos actions. C’est vrai notamment pour le Maroc où Eurostyle avait déjà noué un partenariat et où nous souhaitions nous renforcer en lien avec le projet de Renault-Nissan à Tanger. La conjoncture dans l’automobile est difficile : on a donc besoin de savoir ce qui se passe autour de nous, d’échanger, de nouer des partenariats avec des entreprises de la région. C’est l’objet du pôle automobile. Je participe ainsi au pilotage du pôle avec plusieurs autres entreprises.

Comment s’est déroulée cette action ?
R.D. : Une dizaine d’entreprises sont inscrites dans le groupe de travail international et 7 pour l’opération au Maroc. Avant de nous déplacer durant trois jours dans ce pays, nous avons bénéficié d’une session de préparation afin de présenter nos besoins en connaissances du contexte, l’environnement juridique et économique. À la suite de cette mission nous avons décidé de développer le site de notre partenaire au Maroc afin de créer à terme un joint-venture qui dépendra de notre succès en prise d’affaires avec Renault-Nissan à Tanger. On souhaite désormais dupliquer cette opération mais sur la Russie.

Quel bilan en tirez-vous ?
R.D. : L’apport du pôle a été de mettre en relation des gens qui travaillaient déjà avec le Maroc, ce qui permet pour un nouvel arrivant dans ce pays de brûler les étapes et de gagner un temps considérable, d’anticiper et de bien comprendre les choses, l’environnement du pays. Jusqu’à présent nous travaillions en solo sur l’international (Turquie, Slovénie, Slovaquie, Japon) mais c’est parfois long et très compliqué. C’est la première fois que nous bénéficions d’un tel encadrement et avons pu avoir réponse à l’ensemble de nos questions en quelques jours. Le bilan en est donc extrêmement positif.
L’autre apport du pôle a été de constituer un groupe d’échanges autour de points particuliers dans la région : journée du développement, qualité : groupe de travail qualité, ateliers, échanges d’expériences. Ce fut très riche et intense. Cela permet de démarrer d’éventuelles coopérations, des synergies, des meilleures pratiques, des centres d’intérêt et de voir si on peut obtenir des réponses concrètes à des problèmes de formation, de recrutement.

Richard Kaminski : " de l’intérêt de jouer collectif "

Animateur du " Pôle automobile région Centre ", il pilote les différents groupes de travail et actions collectives du pôle. Il dresse un premier bilan et envisage les actions qui restent à développer.

Quelle était la mission de ce pôle automobile ?
R.K. : Toute filière a besoin de se structurer et de créer des relations entre entreprises pour jouer collectif car on ne peut plus rester isolé dans un environnement mondialisé et dans une conjoncture difficile. Par ailleurs, l’innovation, le principal moteur de la croissance en Europe, est de plus en plus coûteuse : il faut donc y aller à plusieurs pour mutualiser les coûts et développer des coopérations d’entreprises. L’ouverture des marchés, l’augmentation des prix des matières premières exigent aussi des réponses collectives. L’Etat a également été en pointe dans cette opération pour aider les PME à prendre le cap de l’internationalisation.

Comment travaille concrètement ce pôle ?
R K. : Des actions collectives sont menées depuis un an avec différents groupes de travail, deux
missions organisées à l’étranger au Maroc et en Allemagne et prochainement en Russie, des réunions benchmark dans les entreprises réunissent à chaque fois 35 à 40 personnes, avec un total de 76 entreprises participantes. On favorise la coopération d’entreprises pour répondre à des appels d’offres, nous proposons avec un partenaire anglais des prévisions de production pour toutes les usines en Europe, sur 12 mois roulants et à 5 ans. Des réunions d’information sont également organisées sur les aides, l’environnement juridique et notre site internet reçoit plus de 1000 visites par mois. Enfin, nous nous travaillons avec Thyssen pour le reclassement de son personnel de Vendôme et Amilly.

Le bilan est donc très positif avec au total 136 entreprises " actives " sur les 171 de la filière automobile régionale.

Quelles sont les perspectives à court terme ?
R.K. : Il faut naturellement poursuivre sur la lancée. Nous préparons des actions de réflexion stratégique pour les PME et des journées de l’innovation (sur la vision industrielle, les vibrations, les matériaux, etc…). Nous voulons aussi aider les entreprises à participer aux forums des métiers afin de créer un climat de confiance entre les chefs entreprises, et les enseignants. Nous souhaitons développer une communication positive sur les entreprises auprès des médias et de l’Education nationale : cela suppose un travail de partenariat avec le rectorat pour créer de nouvelles relations.

Le pôle va aussi devenir " relais lean régional " avec mission de déployer le " vrai lean " qui doit être un outil fiable pour redonner de la compétitivité aux entreprises. Le travail est donc loin d’être achevé.

 

Production au plus juste

Benoît Frassaint : " Notre productivité s’est accrue de 7% ! "

Pelliculage et Vernissage de l’Ouest (86 salariés, 8 millions de chiffre d’affaires) est installé à Dreux mais avec plusieurs sites en France. La PME qui réalise des travaux de finition pour l’imprimerie (vernissage, pelliculage, sérigraphie) est engagée dans l’action collective " produire au plus juste". Son président Benoît Frassaint en explique les raisons.

" Pourquoi avoir rejoint cette action collective ?
B.F. : l’entreprise que j’ai reprise en 2002 a été réorganisée, réorientée avec une nouvelle stratégie. Nous avons décidé d’arrêter l’utilisation de solvants et investi dans des matériels et technologies plus propres. Il s’agissait pour nous de passer d’une organisation artisanale à une structure de type industriel tout en augmentant la performance. Nous avons commencé par une démarche de développement durable, social, économique et environnemental. Pour une entreprise, il n’y a pas de pérennité sans amélioration de la productivité et pour les salariés, pas de hausse du pouvoir d’achat sans une meilleure productivité.

Comment avez-vous travaillé ?

B.F. : Dans cette action nous avons intégré le personnel, les conducteurs de ligne, les chefs d’équipes et d’atelier. Avec un consultant très professionnel, nous avons regardé les freins, les pertes de temps et les arrêts de production qui coûtent cher. Nous avons aussi levé certains blocages psychologiques chez quelques salariés. L’opération a débuté sur quelques machines, mais elle va s’étendre à tout le parc. Nous avons aussi travaillé avec un groupe de PME représentant des métiers très différents pour sortir de notre cadre habituel ce qui permet un regard différent sur les entreprises.

Quels résultats en tirez-vous ?
B.F. : le groupe a gagné 7% de productivité fin juin, et même 17% pour certaines machines. Le bilan est donc très encourageant. Mais il faut pérenniser ces gains de productivité et les asseoir sur un intéressement collectif pour une répartition équitable des gains entre l’entreprise et le personnel. Je souhaite que cette opération se poursuive car l ‘Afnor et la Drire font un travail efficace avec un rôle d’encouragement, de conseil et d’accompagnement des PME. Nous avons compris l’intérêt d’une telle opération qui est un formidable outil de communication et du management du personnel.


Eric Clément : " un bilan très positif ! "

Installé à Vierzon avec 220 salariés, Timken se définit aujourd’hui comme le spécialiste de la réduction du frottement et de la transmission de puissance (roulements, graisses, joints, bagues de serrage, outils de montage, systèmes de surveillance, sous-ensembles mécaniques, acier, services, etc.)

Que recherchiez-vous avec ce pôle ?

E. C. : Nous ne voulions pas d’une structure trop formaliste mais plutôt orientée vers l’action. Les rencontres, les partenariats possibles avec les nombreuses entreprises de la région nous permettent de progresser en partageant et en échangeant les meilleures pratiques et les expériences de chacun.

Comment vous êtes-vous impliqués?
E.C. : En novembre 2007, notre site de Vierzon a accueilli 70 personnes pour partager notre expérience sur la mise en place du " lean manufacturing ". La visite de l’usine et la présentation en salle ont favorisé de nombreux échanges.
Les différentes visites organisées par le Pôle Automobile de la Région Centre offrent l’occasion de partager notre vécu sur le terrain.
Nous nous sommes ainsi appuyés sur les démarches engagées par Senior Automotive et Delphi à Blois pour le déploiement du lean et l’implication de tous les acteurs de l’entreprise ce qui est une condition essentielle du succès.

Des résultats déjà concrets ?

E.C. : Oui, la progression est très satisfaisante grâce aux échanges de carnets d’adresses et aux visites. Nous avons pris contact avec l’université  d’Orléans. Des enseignants se sont rendus dans plusieurs entreprises dont Timken. Les universitaires sont très demandeurs et nous aussi. Notre ambition est de développer et pérenniser les contacts et les échanges. Nous avons également participé à un " brain storming " avec le pôle auto afin de préciser les actions à mener avec tous les partenaires. Le bilan est donc très positif, et nous souhaitons poursuivre dans cette voie.

 

 

Serge Morin : " je suis prêt à poursuivre l’action "

À Lailly-en-Val (Loiret) la société Morin est fabricant d’attaches rapides pour les matériels d’excavation et leader en France avec son produit phare, le Retromatic système. Elle compte à ce jour 80 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 17 millions.

Son président précise ses motivations qui l’ont conduit à rejoindre l’action encadrée par l’Afnor.

Quelle était votre problématique de départ ?
S.M. : On avait un problème de délais de livraison trop longs. Il était judicieux de voir si on pouvait produire différemment pour améliorer ces délais et rechercher une nouvelle organisation. Avec le consultant, nous avons dressé un inventaire de l’existant et étudié différentes pistes à mettre en œuvre pour les commandes ou les achats qui sont désormais quotidiens et non plus hebdomadaires afin d’accélérer les flux. Une entreprise tombe facilement dans le ronron et la routine. Quand quelqu’un de l’extérieur met en avant des problèmes, on y est sensible. Les résultats sont déjà très probants

Qu’est ce qui a changé ?
S.M. : On a changé l’outil informatique et créé un bâtiment supplémentaire pour les sous-ensembles. Auparavant la ligne principale des produits finis était ralentie par la production des pièces secondaires. En créant un nouveau bâtiment nous avons pu accélérer nos flux. Avec le consultant, nous avons eu une prise de conscience de nos modes de fonctionnement. C’est vrai aussi avec les commandes qui sont désormais enregistrées en juste à temps et en quelques minutes. Nous continuons à mettre en place cette organisation.

Avez-vous envie de poursuivre ?
S.M. : Cette action est très positive et je suis donc prêt à poursuivre car il faut toujours être plus performant. Il reste toujours quelque chose à améliorer pour être plus innovant. J’ai aussi participé à un groupe de travail avec d’autres entreprises engagées dans cette action. C’est important et enrichissant car le monde des entreprises vit souvent en vase clos avec ses problèmes, ses modes de pensée, ses organisations… Il est important de confronter nos expériences, nos solutions pour résoudre nos problèmes au quotidien.